Climat-Québec | Restants de la dépression tropicale "Ike", 14-15 septembre 2008
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Restants de la dépression tropicale "Ike", 14-15 septembre 2008

Les 14 et 15 septembre 2008, deux systèmes météorologiques ont affecté le Québec : une dépression provenant des prairies américaines qui a commencé à donner de la pluie sur l'ouest du Québec au matin du 14 et les restants de la dépression tropicale " Ike " qui ont rejoint le Québec plus tard au courant de la journée (voir les trois analyses météo plus bas : le centre de chaque dépression est illustré par un " L "). La première dépression donna de la pluie, mais amena aussi de l'air anormalement très chaud et humide sur l'extrême sud-ouest et en Estrie dès l'avant-midi du 14 au passage du front chaud (analyse du 14 sept à 8h00: front chaud délimité par une ligne festonnée rouge). L'air chaud de la dépression tropicale Ike, qui se déplaçait très rapidement vers le Québec, fit hausser encore davantage les températures et l'humidité au courant de la journée.

14 sept 2008 08h00 HAE 14 sept 2008 21h00 HAE 15 sept 2008 09h00 HAE

Source : NOAA National Weather Service

Le contraste de cette humidité élevée avec le temps plutôt sec des jours précédents eut un effet inusité : le métro de Montréal a connu une panne majeure qui, selon les représentants de la Société de Transport de Montréal (STM), fut engendrée par la condensation de l'humidité sur les équipements électriques. Des systèmes de sécurité empêchèrent alors les équipements de se mettre en marche.

À titre d'indicateur, l'indice d'inconfort humain dû à l'effet composé de la chaleur et l'humidité - l'indice " humidex " - a atteint, et est demeuré, au niveau d'inconfort évident (entre 35 et 39) pendant onze heures à Montréal le 14 septembre (de 12h00 à 20h00 puis de 01h00 à 02h00). Il a même frôlé le niveau d'inconfort élevé (entre 40 et 44) pendant deux heures alors qu'il atteignait la valeur de 39. L'évolution de l'humidex à Montréal pour le 14 septembre est illustrée ci-dessous (station météo McTavish, centre-ville de Montréal).

Représentation de l'indice Humidex pour le 14 et le 15 septembre 2008. 
			La couleur verte est utilisée lorsque l'indice est inférieur à 30. 
			La couleur jaune est utilisée lorsque l'indice se situe entre 30 et 34. 
			La couleur orange est utilisée lorsque l'indice se situe entre 35 et 39. 
			La couleur rouge est utilisée lorsque l'indice se situe entre 40 et 44.
			Pour la journée du 14, l'indice Humidex était verte de 7:00 à 9:00,
			jaune de 10:00 à 11:00,
			orange de 12:00 à 20:00, atteignant un maximum entre 15:00 et 16:00 avec un indice de 39.
			De 21:00 à 00:00, l'indice était jaune.
			Pour la journée du 15, l'indice était orange de 1:00 à 2:00,
			Jaune de 3:00 à 4:00 et vert de 5:00 à 7:00.

Note sur l'échelle Humidex:
L'échelle de base utlisée au Canada ne comporte pas de subdivision pour des valeurs d'indice entre 30 et 40 et qualifie simplement cette zone d'inconfort "variable". Toutefois, dans le domaine de la santé environnementale la plage de 30 à 40 est divisée en deux (et même en trois selon la population ciblée); c'est pourquoi nous avons choisi ici d'utiliser une telle subdivision (voir le site de l'OHCOW).

Dans cette masse d'air, le point de rosée (humidité) a atteint une valeur maximale de 24°C à Montréal, ce qui constitue, historiquement, une valeur exceptionnelle puisque qu'à seulement une autre reprise depuis 1953 retrouve-t-on une valeur aussi élevée en septembre (1961). Notez qu'il est important de cibler le mois de septembre seulement puisque c'est un mois " charnière " : la température et l'humidité changent très rapidement entre le début et la fin du mois. En termes de durée, le point de rosée est demeuré au-dessus de 22°C pendant quatorze (14) heures consécutives à Montréal, ce qui constitue aussi une valeur extrême puisqu'à seulement une autre occasion y a-t-il eu un épisode de cette durée (4 sept 1961). Même en diminuant la durée de quelques heures, de tels épisodes demeurent très rares en septembre (quatre occurrences seulement d'une durée de 10 heures consécutives depuis 1953 : en 1973, 1961, 1959 et 1953).

Un autre signe que cette masse d'air chaud et humide fut exceptionnelle pour ce temps-ci de l'année est le contraste thermique qui suivit le passage du front froid. Entre la nuit du 14 au 15 et celle du 15 au 16 septembre, il y eut un écart de quinze degrés à Montréal (de 23°C à 8°C; la " nuit " étant définie ici de minuit à 06h00 HAE). Cet écart ne se rencontre qu'à une seule autre occasion depuis 1953, soit le 15-16 septembre 1993 où la température minimale nocturne passa de 24°C dans la nuit du 14 au 15 sept 1993 à 5°C la nuit suivante.

En ce qui concerne les vents, des rafales entre 65 et 80 km/h furent enregistrées sur le sud-ouest au passage du front froid en fin de nuit du 14 au 15 septembre. Ces rafales ont causé de nombreux dégâts. À certains endroits, des branches, et même des arbres entiers, ont été sectionnés. Des pannes électriques ont aussi été causées par ces vents. Jusqu'à 19 000 foyers étaient privés de courant à Montréal, 10 000 en Montérégie et 1700 à Laval.

Voici un tableau montrant les rafales maximales (en km/h) sur certaines stations du sud-ouest du Québec tôt le matin du 15 septembre lors du passage du front froid:

Stations
Rafale maximale
Trois-Rivières
67
Lac St-Pierre
67
Varennes
78
Lennoxville
66
Montréal/(P.-E.-T.) Auto
64
Montréal/(P.-E.-T.)
78
St-Hubert
74
Sherbrooke
70
Ste-Anne-de-Bellevue
67
St-Anicet
69
L'Acadie
65

De fortes accumulations de pluie furent associées à ce système sur plusieurs régions, sans toutefois constituer des records historiques. La carte ci-bas montre l'accumulation sur 24 heures (en mm) en date du 15 septembre à 14h00 HAE.

Pluie du 14 sept 14h au 15 sept 14h HAE

Source : Environnement Canada, SMC région Québec

Les régions au nord du fleuve Saint-Laurent ont reçu des quantités de pluie de 50 à 70 mm (Hautes-Laurentides, Haute-Mauricie, Réserve faunique des Laurentides, Saguenay-Lac-St-Jean, Charlevoix et Côte-Nord). Le maximum de précipitations se retrouve entre le Lac-St-Jean et la Réserve faunique des Laurentides, près de Lac-aux-Écorces, avec plus de 90mm de pluie. Les régions le long du fleuve, quant à elles, ont reçu entre 10 et 30 mm, à l'exception de la région de Québec qui a reçu près de 50mm. Fait important à noter : à l'aéroport de Québec, 33 mm de pluie tombèrent en seulement une heure (entre 19h00 et 20h00). Une telle quantité sur une heure se produit habituellement une fois aux 5 à 10 ans seulement.

Voici un tableau des accumulations de pluie (en mm) entre le 14 septembre 14h00 et le 15 septembre à 14h00 HAE (données non-validées):

Stations
14 septembre
15 septembre
Total
Maniwaki
45,8
7,2
53,0
St-Jovite
30,0
8,0
38,0
Trois-Rivières
26,3
9,2
35,5
Ste-Foy / U. Laval
52,1
6,2
58,3
Québec
48,9
5,9
54,8
Cap Tourmente
38,0
5,8
43,8
La Tuque
13,4
26,6
40,0
Roberval
19,2
28,4
47,6
Bagotville
22,0
50,6
72,6
Jonquière
24,0
47,4
71,4

La pluie fit considérablement monter le niveau de plusieurs rivières. Mais ceux-ci étant près, ou sous, les normales dû à la " mini-sécheresse " de la fin août (moins de 5 mm de pluie du 18 août au 5 septembre sur tous le sud du Québec), les bassins hydrographiques furent en mesure d'absorber ce surplus momentané. Par contre, il y eut des dommages en milieu urbain : plusieurs sous-sols privés furent inondés et des tronçons de routes submergés à certains endroits. À Québec, où la pluie tomba intensément en début de soirée du 14, des voitures furent submergées sous le viaduc de l'autoroute de la Capitale. 

Voir les reportages suivants relatant certains impacts: